Crédits en copropriété 2025-2026 - Les retours de terrain
Publié le 07 Mai 2026
Un projet ambitieux pour comprendre les problématiques rencontrées par les syndics
L’objectif de notre étude ? Comprendre dans un premier temps les enjeux majeurs du financement des travaux en copropriété, en s’appuyant sur une grille comparative des conditions bancaires et une consolidation des bonnes pratiques du secteur.
Ce travail a abouti sur un document de synthèse relativement complet sur le sujet. Nous avons ensuite présenté ce vade-mecum 'crédits collectifs en copropriété' lors des différentes formations. À cette occasion, nous avons pu questionner plus de 130 syndics* sur leur expérience en la matière. Cette consultation nous a permis d'obtenir des chiffres inédits sur les pratiques des professionnels. Voici ce qui en est ressorti.
Le crédit collectif, une solution désormais incontournable
→ 75 % des syndics* en ont déjà réalisé, dont 29 % en ont mis en place plus de 5.
Les crédits collectifs en copropriété, autrefois peu courants, sont aujourd’hui assez fréquemment utilisés. Face à l’inflation et à l’augmentation des coûts des travaux, ces crédits permettent de lisser les dépenses sur une période plus longue, rendant les projets plus accessibles. Pourtant, 46 % des syndics estiment que le montage du dossier reste la phase la plus complexe, suivie par la gestion comptable (32 %).
Une offre bancaire en évolution, mais encore limitée et parfois inadéquate
→ Une petite dizaine d'acteurs, mais pas encore de fluidité
Longtemps dominé par Belfius, le marché des crédits aux copropriétés s’est diversifié avec le retour de BNP et KBC, ainsi que l’émergence d’acteurs comme les Fonds du Logement Wallon. Pour d'autres banques, l'offre est parfois fluctuante (Elantis, Fédérale, Crelan, Triodos). Pour certaines banques, la pratique peut aussi dépendre d'une agence à l'autre.
Les durées maximales de crédit (souvent 10 à 15 ans) et les plafonds restent parfois inadaptés aux besoins des grandes copropriétés, dont les travaux peuvent se chiffrer en millions d’euros.
Participation totale ou partielle des copropriétaires ?
→ Pratiquée par 56 % des sondés, elle n'est pas ce que les syndics préfèrent
La participation partielle des copropriétaires au crédit est parfois nécessaire pour fédérer les copropriétaires autour d'un projet et pour mobiliser une partie de fonds propres nécessaires. Mais elle peut compliquer la gestion comptable et le travail du syndic, notamment lors des mutations.
L'assurance-crédit : une pratique fort répendue à questionner
→ 89 % des syndics n’ont jamais activé l’assurance-crédit
Souvent imposée par les banques, qui préfèrent déléguer ce rôle, son coût peut varier entre 1 et 3,5 % du montant des travaux. Ce pourcentage est souvent jugé disproportionné par certains syndics, surtout quand les finances des copropriétés sont saines. D'autant que le risque encourru est désormais mieux couvert par la révision de 2018 de la Loi sur la copropriété.
Lisibilité comptable et mutations
→ Pour comprendre ce qui marche, ce qui coince et ce qu’il faut reproduire
La diversité des pratiques comptables et l’absence de cadre légal spécifique pourraient rendre les crédits en copropriété peu visibles dans les bilans. 56 % des sondés informent systématiquement le notaire et l’acheteur en cas de mutation, mais une standardisation des bonnes pratiques s’impose pour éviter les erreurs.
La spécificité des copropriétés fait de leur rénovation énergétique un défi majeur, nécessitant une meilleure intégration des pratiques professionnelles.
Retrouvez ici notre rapport complet.
Nous tenons à remercier tous les syndics qui ont participé de manière plus ou moins importante à ce rapport par le partage de leurs expériences, inputs et réflexions ! Tout cela n’aurait pas été possible sans eux. En espérant faire avancer les pratiques vers plus de simplicité dans leur travail au quotidien .
* Syndics interrogés lors du Club Copropriété et des 4 séances des Midis de la Copropriété sur le sujet des crédits début 2026.
En savoir plus
Le projet Syndic Reno Support, porté par Federia et subventionné par les Régions wallonne et bruxelloise, a permis de former et sensibiliser plus de 430 syndics issus de 260 sociétés différentes entre 2024 et fin 2025. Il a également accompagné 120 projets concrets, tout en développant des outils comme des formations spécifiques ou des vademecum sur différents sujets au coeur de la pratique des syndics.