Federia, 10 ans après : Charlotte De Thaye fait le point
Publié le 25 Mars 2026
Federia, 10 ans après : Charlotte De Thaye fait le point
Directrice Générale de Federia depuis plusieurs années, Charlotte De Thaye revient sur ce que la Fédération construit, défend et met en place chaque jour pour ses membres. Un bilan lucide, tourné vers l'avenir.
Federia a fêté ses 10 ans. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?
Dix ans, c'est à la fois peu et beaucoup. Peu, parce que le secteur immobilier est en transformation permanente et que nous avons encore énormément à faire. Beaucoup, parce ce que Federia ne ressemble plus à ce qu'elle était à ses débuts. Nous avons structuré, professionnalisé, élargi la Fédération. Et surtout, nous avons gagné en légitimité que ce soit auprès de nos membres, mais aussi auprès des acteurs politiques et institutionnels.
Concrètement, qu'est-ce que Federia fait pour ses membres au quotidien ? Ce n'est pas toujours très visible de l'extérieur.
C'est vrai et c'est d'ailleurs là un de nos défis : une grande partie de notre travail est invisible parce qu'il fonctionne. Notre pôle communication assure une veille juridique et réglementaire constante. Chaque changement de législation, chaque nouveau texte, chaque évolution qui touche à la profession est analysé, décrypté et communiqué à nos membres de manière claire et actionnable. Un agent immobilier n'a pas le temps de lire tous les textes officiels. C'est notre rôle de faire ce travail pour lui.
Et au-delà de l'information, quel accompagnement proposez-vous ?
L'information seule ne suffit pas. Ce qui fait la différence, c'est l'accompagnement humain. Notre pôle administratif est en contact direct avec les membres au quotidien par téléphone, par mail, via l'espace membre. Suivi de dossiers, questions pratiques, aide à l'utilisation des outils que nous mettons à disposition. C'est quelque chose à quoi je tiens profondément. Federia n'est pas un guichet. C'est une équipe qui connaît ses membres et qui travaille avec eux.
Les formations sont également un axe central. Pourquoi est-ce si important ?
Parce que le métier évolue vite. Les obligations légales se multiplient, le numérique transforme les pratiques, les attentes des clients changent. En 2025, nous avons organisé plus de 60 moments de rencontre, en complément des 800 formations organisées par notre partenaire : le CEFIM.
Et ce n'est pas qu'une question d'heures à valider pour les obligations de formation continue… Ce que nous voulons, c'est que nos membres sortent de ces formations avec des outils concrets, une vision plus claire des décisions à prendre ; et quand c'est nécessaire, une capacité renforcée à conseiller leurs clients.
Federia est aussi connue pour son travail de lobbying. Comment cela se traduit-il concrètement ?
Nous nous assurons que la voix des agents immobiliers est entendue là où les décisions se prennent. Quand un texte de loi est en préparation, quand une réforme est envisagée, nous sommes là. Pas pour bloquer les évolutions, mais pour les nourrir de la réalité du terrain. Les décideurs politiques ont besoin de comprendre ce que vivent concrètement les courtiers, les syndics, les régisseurs.
C'est notre rôle de leur apporter cette expertise.
Vous mentionnez les syndics. Ce métier de l'immobilier est souvent oublié, pourtant ils font face à autant de défis que leurs confrères ?
Absolument, et c'est un constat qui me tient à cœur. Les syndics gèrent au quotidien des réalités extrêmement complexes : des responsabilités juridiques, financières et humaines considérables. L'un des défis les plus cruciaux, et pleinement en phase avec les ambitions de durabilité qui s'imposent aujourd'hui, c'est celui de la rénovation en copropriété. Entre les obligations énergétiques qui se renforcent, les décisions à faire prendre en assemblée générale et la complexité des financements disponibles, c'est un chantier colossal.
C'est précisément pour y répondre que nous avons développé Syndic Reno Support : un service dédié, opérationnel, pensé pour accompagner concrètement les syndics dans les projets de rénovation des copropriétés.
En 2025, Federia s'est clairement imposée dans la presse comme une voix de référence. C'était un objectif ?
C'est avant tout la conséquence d'un travail de fond. Nous prenons des positions argumentées, nous fournissons des analyses sérieuses. Ce qui importe réellement, c'est que chaque prise de position de Federia fasse avancer le débat. 2025 a aussi été marqué par des projets tant innovants que structurants : le MLS, Melsia.immo, etc.
Comment situez-vous ces projets dans la mission de Federia ?
Ces projets illustrent une conviction profonde : Federia ne se contente pas d'observer le marché, elle contribue à le transformer. Nous sommes conscients que ces projets prendront du temps à être reconnu parce qu'ils supposent un changement concret dans les habitudes de l'agent immobilier.
Le MLS, par exemple, invite à transformer la pratique actuelle : il fait des confrères des partenaires et replace le client au cœur de la transaction.
Résultat : des transactions plus rapides, des prix plus justes, une expérience client renforcée. Et pour donner une alternative plus avantageuse aux courtiers, nous avons lancé Melsia.immo : un portail immobilier européen réservé aux membres Federia, où les particuliers accèdent à des annonces vérifiées, gérées par des agents immobiliers. C'est un immobilier plus transparent, plus collaboratif, plus éthique.
Après 10 ans, quel message souhaitez-vous adresser à vos membres ?
Que leur confiance est le plus beau des remerciements. 1200 membres, c'est une responsabilité que nous prenons très au sérieux. Chaque décision que nous prenons, chaque outil que nous développons, chaque position que nous défendons, c'est pour eux. Federia n'a de sens que si elle est utile, concrètement, dans le quotidien de ceux qui exercent ce métier. C'est notre boussole depuis 10 ans. Et ce sera celle des 10 prochaines années.
Ensemble, plus forts !